"Je t'aime", je me voyais revenir en arrière, quand ces mots étaient encore sincères, aujourd'hui, ils ont pris un sens différent. Il sonne comme de l'habitude, de la monotonie. Le dis-tu encore avec tout la sincerité que je te connaissais tant?
Biensûr que je suis coupable de cette ruine, avec mon oreille qui a su entendre l'inouï, l'inaudible : Les mots qui se défont. Plus rien n'a l'air d'être semblable. J'ai mal tenu mon rôle peut-être, j'ai abusé, en souhaitant te protéger de tout et de tout le monde. Je ne voulais pas que tu connaisses la souffrance, je parle de celle que l'on vie lorsqu'on éprouve quelque chose de vraiment concret pour un être.
"Je t'aime" Le Je peut usurper tous les noms, ce pronom personnel qui ne désigne personne à force de signifier tout le monde et qui se pousse du col afin d'affirmer ta présence, qui feignait d'ignorer sa constante désagrégation, sa métamorphose perpétuelle.
En réalité, tu n'as pas changé, c'est l'expression qui est devenue fausse. Elle a évolué sans nous attendre. Ces mots ne nous collent plus parfaitement à la peau.
Je ne te sussite plus d'intérêt, comme pourrais-tu aimer une fille qui ne t'intéresse plus?
Je ne veux pas te perdre, est il trop tard? Aurais-je mis trop de temps à entendre des mots qui ne résonnent plus de manière aussi juste?
